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Fuite d'uranium sur le site nucléaire du Tricastin en France10.07.2008 Alors que l’industrie tente de minimiser l’événement, Greenpeace fait la lumière sur la gravité du rejet d'uranium, qui s’est produit sur l'installation de la société Socatri, gérée par Areva et implantée sur le site français de Pierrelatte.
Le 7 juillet, à 23h, une fuite de 30'000 litres de liquide radioactif se produit dans le département de la Drôme. La concentration est de 12 g d'uranium par litre, soit 6'000 fois la limite réglementaire. Le matin du 8 juillet, l’exploitant alerte l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), mais ce n’est que vers midi qu’il prend conscience de la gravité de l'accident et que la préfecture prend des mesures. Lenteur, manque de transparence, faible réactivité; pendant 14h, aucune restriction n'a été mise en place pour protéger les populations.
Sur l'échelle Ines des incidents et accidents nucléaires allant de 0 à 7, l'exploitant a déclaré l'accident de niveau 1, comme une simple «anomalie». «Les responsables du site tentent de minimiser les choses. Si on suit cette échelle Ines, dès qu'il y a rejet dans l'environnement, un accident doit au moins être classé de niveau 3» commente Yannick Rousselet de la campagne Energie de Greenpeace. «Et si l'on considère les contre-mesures prises par la préfecture (interdiction de la pêche, de la consommation d'eau potable, de l'irrigation, des activités nautiques), l'incident grave survenu à Tricastin devrait même être classé de niveau 5, c'est-à-dire "un accident qui provoque un rejet limité susceptible d'exiger l'application partielle des contre-mesures prévues".»
L'accident en France illustre clairement les risques de la technologie nucléaire. De plus, il met en évidence l'incapacité de l'opérateur français Areva à manipuler des substances radioactives. Areva entretient, via la centrale nucléaire de Gösgen, une liason étroite avec l'opérateur nucléaire suisse Atel qui a déposé une demande d'autorisation générale en juin dans le but de construire une nouvelle centrale nucléaire. Les recherches de Greenpeace Suisse ont montré que si l'on construisait une nouvelle centrale nucléaire en Suisse, il s'agirait selon toute vraisemblance d'un réacteur EPR (European Pressurized Reactor) bâti, financé et exploité par Areva et EDF.
L'actuelle tentative d'Areva de construire deux prototypes d'EPR est un fiasco. Le chantier finlandais d'Olkiluoto, entamé en 2005, affiche un dépassement budgétaire dépassant 2 milliards d'euros (pour un prix initial de 3,3 milliards) et ne sera terminé qu'avec deux ans de retard au moins. Quant à l'EPR de Flamanville (France), il a déjà pris du retard, les travaux ayant été stoppés pendant plus d'un mois sur ordre de l'Autorité de sûreté nucléaire, suite à de nombreuses anomalies et malfaçons.


