Jürg Buri
Alliance «Non au nucléaire»: nouvelle présentation en cours
Le Président Jürg Buri répond à des questions qui ont trait à la nouvelle présentation de l’alliance. Pour lui, allier les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique revient à avoir à la fois «le beurre et l’argent du beurre», c’est-à-dire une énergie sans effet néfaste sur la vie.
L’alliance a un nouveau visage. Pourquoi?
L’alliance réunit différentes organisations. Nous souhaitons exprimer clairement notre but commun, à savoir empêcher la construction de nouvelles centrales nucléaires. Avec la revendication que l’avenir est renouvelable, nous indiquons clairement quel chemin il faut suivre. L’URL nous révèle immédiatement de quoi il s’agit : «Non au nucléaire» est un slogan clair. Je suis très satisfait de cette clarté. Cette affirmation parvient aux communes, aux cantons et aux citoyens qui devront voter sur l’avenir énergétique de la Suisse.
Quels avantages concrets espérez-vous de cette nouvelle présentation?
Le mouvement antinucléaire a une longue tradition. En utilisant le seul mot de «Kaiseraugst», de nombreuses personnes savent à quoi je pense. Avec cette nouvelle présentation, nous restons fidèles à notre tradition tout en nous efforçant d’adopter une nouvelle orientation avec de nouvelles priorités, de placer au centre des intérêts les solutions et d’adapter notre aspect à notre époque.
Les risques de la technologie…
… sont un argument percutant contre les centrales nucléaires, bien évidemment. Le discours sur les risques qu’a tenu la génération précédente a déjà apporté une énorme contribution. A l’avenir également, nous continuerons à mettre en évidence l’important danger que représentent les centrales nucléaires. Nous voulons également montrer qu’il existe diverses raisons de vouloir s’opposer aux centrales nucléaires. Il peut s’agir par exemple des risques, mais aussi du fait qu’il existe des alternatives. Allier les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique revient pour ainsi dire à avoir effectivement «le beurre et l’argent du beurre», car l’énergie ainsi produite n’a pas de conséquences néfastes. Il faut accorder plus d’importance à cet argument.
Oui, mais il faut agir rapidement car les énergies renouvelables ne sont pas encore très développées...
En effet, il faut agir vite. Et nous faisons face à des décisions stratégiques. Voici la question à laquelle le monde politique et le peuple doivent répondre: dans quel type d’énergie faut-il investir? Dans une technologie sûre, durable et propre ou dans une technologie désuète et risquée? A mon avis, la réponse est simple. Je pense également que le monde politique doit prendre ses responsabilités.
Avez-vous également modifié le contenu, en plus de l’apparence générale?
Nous avons changé la manière dont nous présentons les contenus et dont nous traitons les faits. Le ton est en effet plus objectif et moderne. Les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique sont en plein essor et il existe de nombreuses expériences réussies dont nous parlons. C’est dans ce sens que la pondération des contenus a changé.
Que demande la nouvelle alliance?
Du début à la fin, il s’agit de dire non à de nouvelles centrales nucléaires. C’est pour cela que nous nous battons. Et c’est le but que nous atteindrons. Comment? En montrant ce qui fonctionne, en rendant possible des interconnexions, en présentant des faits anciens et nouveaux. Nous nous considérons comme un mouvement politique qui sait d’où il vient et où il va.
Quels objectifs vise l’alliance?
Notre objectif est de remporter la votation contre le nucléaire en 2012.
Comment cet objectif peut-il être atteint?
Nous parlerons des expériences réussies, proposerons des alternatives au nucléaire, motiverons à agir politiquement, nous mettrons en évidence les aspects négatifs de l’énergie nucléaire et serons ainsi un mouvement politique si important qu’il sera entendu par l’opinion publique.
Qu’est-ce qui fait la force de l’alliance?
La combativité de ses 32 organisations membres. Toutes ont le même but, peu importe qu’il s’agisse de Pro Natura, du PS ou du Schweizerischer Friedensrat (Conseil suisse pour la paix). Nous nous engageons ensemble et individuellement contre la création de nouvelles centrales nucléaires. C’est ce qui nous permet d’agir et d’obtenir des succès.
Quelle sera, selon vous, l’évolution de l’opinion publique d’ici la votation sur le référendum en 2012?
Nos adversaires, à savoir les exploitants des centrales nucléaires, paieront cher et utiliseront les arguments pécuniaires pour convaincre le peuple avec une campagne basée sur la peur. Leur argument préféré: la prétendue pénurie de courant. Nous aurons de l’influence là où cela a un sens, à savoir au niveau argumentatif. Chacun sait que le plus persuasif n’est pas celui qui crie le plus fort, mais celui qui a les meilleurs arguments. Nous savons quel rôle nous jouons. Je pense que la population prendra davantage conscience des risques des centrales nucléaires d’ici 2012. Voici un exemple. Vous souvenez-vous encore des premiers téléphones portables? Ils étaient énormes. Lorsque je regarde le mien maintenant, je dois avouer qu’il est bien fait. Il est petit, délicat, pourvu d’un agenda, de musique, etc. Les premiers téléphones portables énormes sont à l’image de la technologique désuète des centrales nucléaires. Je suis sûre que le peuple optera pour la variante moderne et sûre. Pour la musique plutôt que pour le cancer chez les enfants.
Informations sur M. Buri :
Jürg Buri est le Président de l’alliance «Non au nucléaire» et le Directeur de la Fondation suisse de l’énergie. Il a étudié la biologie à Berne et s’intéresse à la botanique, à la musique, au vin et à la bonne chère. «Je ne survivrais pas sans les montagnes suisses», déclare-t-il. Il pratique des loisirs typiquement suisses comme la randonnée à pied ou à ski. Il vit à Berne, sa ville d’origine et sa ville préférée.