Allemand Français

Anne-Cécile Reimann

Anne-Cécile Reimann ne lâche pas prise!

Depuis plus de vingt ans, Anne-Cécile Reimann se dévoue à la cause des opposants aux centrales nucléaires. Avec l’association ContrAtom, elle s’était opposée avec succès à la tenue d’un salon du nucléaire prévu à Genève en 1985 déjà. Au moyen de courriers des lecteurs, de pétitions, de manifestations et d’actions très médiatiques dans la rue, cette femme dynamique ne cesse d’attirer l’attention de la population sur les risques que présente l’énergie nucléaire. Elle est alarmée par les récents plans d’extension des exploitants de centrales nucléaires et ne comprend pas pourquoi ces derniers veulent encore investir dans une énergie à risque, coûteuse et sans avenir.

Engagement infatigable
C’est un terrible incident qui est à l’origine de l’engagement d’Anne-Cécile Reimann contre les centrales nucléaires: une manifestation pacifique contre le surrégénérateur rapide Superphénix à Malville (F) en 1978 s’est soldée par la mort de l’opposant au nucléaire Vital Michalon, victime d’une grenade lancée par la police. A l’époque, la réaction belliqueuse de la police contre les manifestants marque profondément la jeune Anne-Cécile Reimann. Depuis, elle livre un combat acharné contre la menace posée par les centrales nucléaires. La création de ContrAtom, en 1985, lui permet de se battre aux côtés de personnes qui partagent son opinion.

ContrAtom est active dans bon nombre de domaines. L’association voudrait notamment faire en sorte qu’une étude indépendante soit menée sur la radioactivité produite par le CERN. ContrAtom dénonce en outre sans relâche l’accord scandaleux conclu entre l’OMS et l’AIEA en 1959. En 1997, après la fermeture du surrégénérateur rapide situé à 70 kilomètres de Genève, les nombreux membres que comptait ContrAtom à l’époque étaient persuadés que le glas de l’énergie nucléaire avait sonné et se sont désintéressés du sujet. Pour ContrAtom, le défi consiste aujourd’hui à retrouver ces personnes et à les mobiliser en faveur du mouvement. Et Anne-Cécile Reimann de commenter: «Les demandes d’autorisation générale déposées récemment par Axpo, les Forces Motrices Bernoises (FMB) et Alpiq prouvent que la lutte contre les centrales nucléaires n’est pas encore terminée.» Le fait que les opposants aux centrales nucléaires se soient réunis à l’échelle suisse au sein de l’alliance «Non au nucléaire», ce qui leur permet d’unir leurs forces, réjouit d’autant plus Anne-Cécile Reimann.

Actions médiatiques
Depuis sa fondation, ContrAtom se distingue par des actions non conventionnelles, retentissantes et amusantes. «Il faut pimenter le tout d’un zeste d’humour», précise Anne-Cécile Reimann. Pour mettre son action en exergue l’association n’hésite pas, par exemple, à entonner un chant (de protestation) à plein volume. «Occuper le terrain», telle était la devise originelle de ContrAtom, et celle-ci n’a pas changé. Chaque revendication est assortie de manifestations, d’actions spectaculaires ou parfois d’un pique-nique militant sur une place. Outre la fermeture du surrégénérateur rapide, ContrAtom compte d’autres succès à son actif: ContrAtom n’a pas cessé de rappeler le gouvernement genevois à l’ordre, avec succès, pour que l’article antinucléaire 160E de la Constitution genevoise soit respecté. La prise de position officielle du gouvernement cantonal contre la construction de nouvelles centrales nucléaires est également le fruit du travail de ContrAtom. «ContrAtom compte plus de 1000 membres, dont la moitié s’engage très activement», explique la fondatrice.

Une présidente bénévole et passionnée

Anne-Cécile Reimann assume plusieurs fonctions chez ContrAtom. Outre sa fonction de présidente, elle se préoccupe également du bien-être de ses collègues et gère le secrétariat et ce, sans ordinateur. Comme tous les membres de ContrAtom, elle assume son engagement pleinement et à titre bénévole. Les centrales nucléaires ne sont pas le seul sujet à la faire bondir; elle se mobilise avec la même passion contre la mondialisation, la privatisation du service public et le manque d’engagement social. «Comme on le dit si joliment, je suis une retraitée active», précise l’ancienne institutrice. Les êtres humains, mais aussi les animaux, occupent une grande place dans son cœur. La nuit tombée, elle prend le volant de sa 2CV pour aller nourrir les chats errants. Même la nuit, son besoin d’agir est irrépressible…

ContrAtom est membre de l’alliance «Non au nucléaire». Pour de plus amples informations sur l’association ContrAtom: www.contratom.ch